Jean-Marc l’aventurier mon frère par Michel Bedard

Note: Michel Bédard is John Bédard’s younger brother, standing at the far left. He asked me to post the following in John’s honor. C’est en français.

Back row L to R: Michel, Laurier, Gilles, Jean (John), Guy, Laurent, Denis; Front row L to R: Suzanne, Amabelis, Colette, Delphis, Jeanne-Mance, Therese

Jean Marc Arthur est né le 28 décembre 1924 et portait le même prénom que son parrain l’oncle Arthur Hébert, j’ai toujours perçu mon frère aîné comme quelqu’un qui dans la famille aimait beaucoup voyager de par le vaste monde et d’avoir des aventures, à sa retraite il occupa ses loisirs à écrire des mémoires sur son ordinateur et à chacune de nos rencontres il m’en parlait, je les trouvais captivantes à écouter, un bouquin ayant le titre de « Border Guard » raconte des histoires au moment où il travailla pour l’immigration canadienne et pour les douanes américaines, en 1997 au moment d’une rencontre de vacances à Puerto Vallarta il me dit qu’il avait commencé à en écrire un deuxième dans lequel il voulait raconter ses expériences vécues pendant qu’il naviguait dans la marine marchande.

À l’été 1993 en compagnie de Thérèse il passa des vacances chez nous à Sainte Foy, il en profita pour imprimer sur mon ordinateur un manuscrit de ses notes pour le faire lire à son compagnon de voyage et ami Paul Babin avec qui il avait bourlingué dans la marine marchande, il voulu qu’il en fasse la lecture et qu’il m’en donne ses commentaires, quand il eut terminé il me contacta pour me dire qu’il trouvait les textes intéressants mais que Jean avait omit de raconter certaines étapes, je trouvai son commentaire inaproprié car la perception des choses passés lors d’un voyage n’est pas la même pour tous.

Le premier évènement dont je me souviens est celui quand il revint de l’Afrique et pour nous effrayer laissa sur un papier journal ses souliers et un alligator empaillé de quatre à cinq pieds de long avec une grande gueule ouverte et ses dents pointues, il était apeurant. Chacun de ses retours à la maison étaient précédés d’une grande excitation de maman,  elle avait toujours hâte de voir arriver une lettre lui annonçant la date de son retour, quand la bouilloire “ bombe ” se mettait à siffler sur le poêle à bois elle nous disait qu’elle était pour recevoir une bonne nouvelle de quelqu’un par le courrier.

Maman me raconta son retour à Laurier Station un certain mois de janvier, il était vêtu que légèrement avec ses chaussures percées aux pieds, il faisait pitié à voir ainsi avec sa barbe de plusieurs semaines, quand des jeunes le virent arriver ils croyaient qu’il était un « quêteux » ce qui étaient répandus en cette période pendant de la grande crise. Jean avait tout perdu ses effets personnels des suites du naufrage de son bateau qui toucha une mine et explosa au large d’un certain pays, on me raconta que cela se passa au début de la décennie de 1940.

Ses séjours à la maison étaient de courte durée, le temps de se refaire des forces et hop on repartait à nouveau vers une nouvelle aventure, un autre évènement dont je me souviens fut celui quand il nous annonça qu’il s’était enrôlé pour aller combattre en Corée, pendant la journée avant son arrivée à la maison il avait reçu sa série de vaccins en prévision de ce voyage et dans l’autobus qui le conduisait de Montréal à Ste Croix il bu de la boisson forte ce qui eut pour effet de le rendre pas mal « gorlot », il parlait alors qu’en anglais et mâchouillait ses mots nous disant où il s’en allait et il me semble revoir  maman encore tout éberluée ou estomaquée de l’entendre, quand on finit par le comprendre et que maman fut revenue de ses émotions et de sa torpeur, elle se dit que Jean plus âgé serait sur place pour voir au bien-être de Denis qui lui était à peine âgé de 17 ou 18 ans, aussi Jean verrait de nous transmettre ses nouvelles de la Corée. À la fin des hostilités en 1953 au retour de Denis et de Jean ce fut fébrile et très joyeux à la maison surtout pour maman qui mettait fin à ses inquiétudes, elle était dans l’allégresse, mais l’arrivée de Jean ne se fit pas rapidement, on l’obligea de demeurer hospitalisé à Vancouver pour cause de malaria, selon maman il pouvait avoir contracté ce virus en Afrique, dans l’attente elle demeura aux aguets des nouvelles par le courrier postal.  À l’époque j’ignorais les conséquences d’un tel virus mais quand il fut de retour à la maison et qu’il avait des crises il grelottait jours et nuits, une certaine nuit il se réveilla constamment pour demander Laurent de lui apporter des couvertures de laine et ayant plus sous la main Laurent toujours aussi farçeur finit par lui dire de dépendre une porte et de se couvrir.

À son retour pour écouler son temps Jean lisait énormément et s’adonnait à faire de menus travaux autour de la maison dont celui de peinturer, de sarcler le jardin et même de travailler pour Hugues Lapointe le député libéral de Lotbinière qui était en campagne, on lui demanda pour travailler à son secrétariat situé dans un loyer chez les Lauzier de Ste-Croix, par contre comme il n’était habitu. pour un tel travail les relations sont vites devenues tendues, l’organisation libérale le payait quand il avait des fonds dans la caisse, mon frère dû même user de pression pour obtenir le solde qu’on lui devait, il alla jusqu’à leur dire que si à un tel moment précis on ne lui rendait son dû il irait faire la tournée des poteaux et arracherait les affiches publicitaires du parti, connaissant bien mon frère je crois qu’il aurait mit sa menace à exécution.

Jean fréquenta Thérèse Roy sa future originaire de Thetford Mines, elle poursuivait alors son cours d’infirmière en même temps que celui de Jeanne Mance à l’hôpital de St Michel Archange de Québec, si je suis exact je crois que c’est elle qui lui présenta Jean  son frère, le 30 avril 1955 sans l’accord de certains membres de la famille Roy ils s’épousèrent à Lacolle à 21 :00hr en présence uniquement de leurs deux témoins, quand ils retournèrent à Thedford pour leur annoncer officiellement leur union, on en profita pour passer des commentaires blessant comme si Jean qui ne travaillait pas dans les mines ne pouvait faire vivre  convenablement sa fammille, quand tous eurent terminé de chiquer la guenille Thérèse leur dit simplement que leur mariage serait célébré en toute intimité à telle date et telle heure qu’en présence que de leurs deux témoins, on aurait voulu que Thérèse soit mariée à un professionnel pour l’étiquette, avec le temps les relations avec la famille Roy se replacèrent quand ils virent que même s’il n’était pas professionnel ou travaillant dans les mines Jean gagna honorablement sa vie.

Comme tous chez nous Jean et Thérèse aimaient l’ambiance du chalet au bas de la côte, un jour Thérèse se mit dans la tête  de nous suivre pour escalader le cap derrière le chalet, par moment elle trouva la montée pénible pour arriver à nous suivre,  quand elle eut atteint son but elle fut très heureuse de sa performance ce qu’elle me raconta souvent par la suite. Un samedi soir on reçu à l’improvise la visite du père de Thérèse, Antonio et de son garçon Adrien, cette escapade causa tout un émoi au sein de la famille Roy qui se prolongea jusqu’au lendemain matin, ainsi on pu faire plus ample connaissance avec les Roy ce qui ne s’était pas fait auparavant.

Au début Jean travailla comme agent d’immigration du Canada au poste frontalier de Lacolle et il habita St Jean d’Iberville, tant qu’à Thérèse elle travailla comme infirmière dans un hôpital de St Jean d’Iberville. Le 11 mai 1958 naquit Pierre leur premier garçon et au dire de maman il avait le même gabarit que Jean à cet âge il était précoce et il lui arrivait de nous surprendre par le raisonnement de certaines choses, un jour à la demande de ses parents il se rendit au dépanneur du coin pour faire une commission et afin de s’acheter quelques friandises, quand vint le temps de payer et qu’il n’avait pas assez de sous il fit simplement le geste de les déposer dans la main de la propriétaire du dépanneur qui trouva ce geste tellement drôle  qu’elle le laissa partir sans payer.

Chez-nous avec Pierre se développa une grande affection et un grand attachement, à chacune de ses visites on apprit beaucoup à mieux le connaître, par contre Pierre comme nous les Bédard était du genre soupe au lait, un jour je l’appris `a ma façon quand je voulu lui expliquer que le dimanche était le premier jour de la semaine, il me fit une colère car pour lui cette journée était jour était en fin de semaine, par la suite je ne me suis jamais hasardé à le contrarier laissant le soin à ses parents le soin de lui expliquer les choses, sa mère nous raconta qu’âgé de trois ans il pouvait identifier et nommer tous les panneaux publicitaires des stations de gaz tout le long de la route.

Après quelques années passées à Lacolle Jean travailla à Montréal pour chercher les immigrants illégaux qui s’y  cachaient, un soir il m’arriva d’aller avec lui pour faire une tournée dans le port mais moi je n’étais pas autorisé de monter à bord des bateaux, je passais la journée à Montréal pour me chercher un emploi comme apprenti-électricien et le soir je m’en retournais à St Jean, du voyage avec nous un compagnon particulier nous accompagnait c’était un bon « placotteux » qui nous faisait la lecture de son journal tout le long du trajet en passant ses commentaires.

Après un certain temps à St Jean la famille déménagea demeurer dans un duplex de la Place Arthur Buies à l’est de Montréal, aujourd’hui cet arrondissement n’existe plus, il a fait place au réseau routier menant vers au tunnel Louis Hippolyte Lafontaine.

Au début de son mariage Jean fut le propriétaire d’une voiture de marque Chevrolet 1954 deux teintes qu’il vendit par la suite à Denis mon frère pour s’acheter une voiture Coccinelle de Volkswagen, ce fut avec cette mini voiture qu’ils partirent à l’aventure pour visiter le sud des États-Unis et le Mexique, à leur retour il faisait bon de les entendre nous raconter leurs péripéties de voyage et je crois sincèrement qu’ils eurent la picqure et décidairent  d’émigrer en Californie.

Au printemps de 1964 leur projet se concrétisa après qu’ils eurent délaissés leurs emplois et mire en vente leur propriété, pour le congé Pascal je me suis rendu les retrouver à Montréal pour les aider à emballer le minimum à emporter dans une remorque attachée derrière la voiture, ce Jeudi Saint coïncida avec les funérailles de la première épouse de Sévérin Hébert de Ste Croix, quand je quittai Ste Croix par autobus en direction de Montréal une violente tempête de neige se préparait, l’autobus Deshaies dû s’immobiliser souvent pour ne pas s’embourber dans la neige, le voyage fut long et pénible et notre arrivée à destination eut lieu qu’aux petites heures le lendemain, comme la météo de départ de Ste Croix était encore bonne on n’avait pas prévu s’apporter des victuailles et des vêtements, c’est rendu au Petit Village qu’on réalisa ce que cette route pouvait être sous cette température, comme on était tanné d’attendre sous la tempête on se risqua pour atteindre un foyer de près soit celle de Dominique Boisvert.

On était heureux d’arriver à Montréal aux petites heures en ce dimanche, Suzanne est venue nous retrouver pour donner un coup de main pour leur départ, en emballant des disques musicales elle se mit en frais de nous faire écouter celui de Alibert et de sa pièce musicale « Adieu Venise Provençale »  voilà que Thérèse se mit à pleurer à chaudes larmes. Avant de quitter définitivement le Québec toute la famille vint nous rendre une dernière visite à Sainte Croix et avant de quitter je vis que mon frère avait les yeux rougis par l’émotion, plus tard je compris quand Thérèse lui avait dit qu’il ne reverrait probablement plus jamais son père vivant, elle avait vue juste car quelques mois plus tard soit en mai suivant Delphis notre père décédait.

La durée du trajet pour se rendre à destination en Californie leur prit je crois environ une semaine et ce fut les jeunes qui furent impatients d’y arriver même qu’un matin Marc ne voulant plus s’embarquer pour faire de la route s’embarra dans le motel, il fallu que Jean aille voir la préposée du motel pour se faire ouvrir la porte. Contrairement à Pierre qui était du genre intellectuel Marc était plutôt praticien des choses, il avait un sens innoui pour la mécanique, l’électronique et l’informatique, Maman me raconta qu’un jour au moment d’une visite chez Jean il partit défaire en mille morceaux sa petite voiturette.

Quand mon père fut décédé maman se rendit à deux reprises passer des mois de l’hiver à Orange une banlieue de Los Angeles où Jean demeurait, pour son baptême de l’air en avion ce fut très laborieux pour s’y rendre avec plusieurs évènements qui se déroulèrent comme ceci, le dimanche matin après être allés la reconduire à l’aéroport de Dorval, Denis vit que son avion était un Vanguard à hélices vieux modèle et toujours avec ses platitudes il lui dit « Eh la mère tu leur demanderas un parachute avant de t’asseoir » ce qui n’était rien pour la rassurer dans une telle circonstance. À L’atterrissage à Los Angeles à cause d’un épais brouillard l’avion dû atterrir plus loin de l’aéroport, comme ma mère ne parlait ni ne comprenait l’anglais ce fut pénible, labourieux et stressant de se faire comprendre, finalement par chance qu’on finit par lui trouver quelqu’un qui pu l’aider à contacter Jean. [Note : She was diverted to Ontario.]

Dans l’attente d’être reçu citoyen américain Jean occupa différents emplois tandis que Thérèse avec la pénurie d’infirmières qui existait en Californie elle n’eut pas de difficulté pour travailler, le beau-frère de Jean, Roland Corriveau (Céline Roy) avec sa famille avait intégré aussi en Californie peu de temps avant Jean, celui-ci et très particulier et spécial voisinait pas ou très peu mon frère et c’était mieux ainsi, Céline décéda suite d’un cancer et on me rencontra que Corriveau se présenta au Québec pour assister aux funérailles de son frère l’ancien député du comté de Mégantic et il s’adressait à sa parenté uniquement qu’en « angla » il avait tout oublié de sa langue maternelle.

Après quelques années passées à Orange, Jean alla habiter à Chula Vista près de la frontière du Mexique et il travailla à la frontière. Quelques années plus tard la famille se rendit dans des pays asiatiques tels que le Vietnam, le Laos et le Cambodge où Jean fut appointé par le gouvernement US, à leur retour ce fut plaisant de les entendre nous raconter leurs  leurs nombreuses aventures, même leur chien « Peanut » qui était du voyage due être surveillé de près pour pas qu’il termine sa vie dans la marmite d’un cuisinier de restaurant.

Pierre qui devait avoir environ quinze ans est revenu seul pour poursuivre ses études dans une institution anglicane au Manitoba, elle fut bénéfique, il nous en parle encore et il décida Marc son frère plus jeune de faire de même. Un soir à Ste Foy en visionnant un programme de télévision quelle ne fut pas notre  surprise de voir Pierre faisant partie d’un rapportage sur la vie de ce collège, on nous le montrait en train de faire le ménage de plancher. Pour ses vacances de Noël il est venu chez nous sur la rue de Bourgogne et il fut chanceux que Cécile soit présente car avec son petit maudit caractère détestable je l’aurais foutu à la porte de la maison, plus tard quand je l’ai revu  et lui ai rappelé cette mauvaise attitude et me dit qu’il avait agit ainsi car il croyait que ses parents voulaient le rejeter.

Pierre épousa Caroline une fille originaire de la Californie dont le père était un éminent prof d’université, ils eurent deux enfants Jean-Pierre et Claire qui est le sosie de sa grand-mère et par surcroît apprécie les bijoux, Marc épousa Valérie mais ce ne fut pour lui un succès de cette union, comme on dit ils prirent chacun leur bord et il Jessica avec qui il menes ses quatres enfants, Philip, Jackson, Skye, and Starr. Thérèse par cette nouvelle formule des familles reconstituées fut agacée mais on lui dit de regarder que des bons cotés et de l’accepter et au besoin les aider.

Au début des années 2000 la santé de Jean s’est fortement détériorée avec ses attaques d’ACV « strokes » qui l’ont très ralentie pour ses activités, Thérèse due reprendre la relève pour la gouvernance de la maison. Jean décéda dans la nuit du 09 au 10 sept 2012 chez lui sur la rue Halley de San Diego à l’âge de 87 ans après des siens, de Jean et de Thérèse je me rapelle d’eux ce que vécu de plus beau lors de mes nombreux voyages dans leur milieu, merci Jean et Thérèse.

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